Myriam RUEFF

Myriam Rueff est née le 11 avril 1961 à Bordeaux. Elle y passe son enfance puis s’installe à Toulouse où elle entreprend des études de Lettres classiques. Elle devient institutrice. Elle aborde la sculpture de manière autodidacte. Elle a participé à de nombreuses expositions à Bordeaux et dans le Bordelais, à Paris, Bayonne…
Sa démarche… « Par la sculpture, je cherche à assembler des matières pour rendre visible leurs traces, leurs textures.
Bois, métal, terre, bronze s’associent pour créer une harmonie, une unité.
Les matières prennent forme, libèrent des espaces, expriment leurs forces, leurs liens, leurs oppositions.
Des corps naissent hiératiques, poussés vers le haut.
Ils racontent des mouvements, des instants figés, des bouts de vie, des émotions… »

Les sculptures de Myriam Rueff semblent être le résultat d’un véritable combat entre l’artiste et la matière. Des personnages hiératiques et gracieux sont arrachés au métal et prennent vie dans notre imaginaire. Le métal froid et inerte laisse alors place au mouvement et la légèreté.
Il y a, dans le travail de cette artiste, un mélange étonnant d’humanité et de mystère. En paraphrasant Baudelaire, on peut dire que tout est charme et volupté dans les personnages empruntés à un imaginaire à la fois poétique et fantastique.
On peut y retrouver la spiritualité et la promesse d’avenir de « L’homme qui marche » de Giacometti et, paradoxe étonnant et fascinant, la férocité de notre monde. Le mystère s’éclaire alors ou demeure selon le regard que l’on peut porter à l’œuvre.
Les visages sont déterminés, les corps sont tendus et prêts à s’élancer dans ce qui est encore l’inconnu. Ce qui souligne le caractère intemporel et universel de l’œuvre dans son ensemble.
Le mystère s’épaissit parfois à l’aune de personnages aux apparences étranges, voire inquiétantes, réunis dans ces moments de vie qui invitent à la confidentialité et à l’intimité. Ils sont aussi parfois rassemblés dans une sarabande trouble et pourquoi pas diabolique. Le propos prend alors une autre dimension, celle d’un questionnement sans fin et sans réponse immédiate possible.
Quelque soit le cheminement de l’artiste et une maîtrise incontestable de la matière, ce qui est livré au spectateur est d’une grande intensité artistique et ne peut pas laisser indifférent.

« Myriam utilise sa boîte à outils à jouer et à mettre en scène dans l’urgence d’un Gepetto féminin métalleux, prolifique et généreux. L’espace se déploie, se partitionne, se démultiplie.
Le temps varie et se divise, se succède à lui-même.
Juste le temps d’un baiser, d’une danse, d’une pause dans l’imaginaire réalité. De petits êtres amoureux de la vie se drapent et ferraillent dans leur vitalité ludique, s’enlacent, s’élancent, courent, s’appuient, s’étreignent.
Tendresse de l’étreinte, l’émotion chevillée aux soudures du corps. L’élégance du fil cisèle celle du sentiment.
Tous, rois et reines d’une fulgurante traversée, d’une course improbable, en éveil, concernés, en groupe ou isolés mais toujours solidaires, du bout des doigts, sur la pointe légère des pieds.
Le geste qui émeut
La grâce qui surgit
Moi je l’entends du bout du cœur ».

D. ROBINE